On entend souvent des idées tranchées sur la pédagogie Montessori. Comment déceler le vrai du faux ? Voici quelques éléments pour commencer à démêler :

1. L’enfant fait ce qu’il veut

FAUX – Maria Montessori défendait fermement la liberté encadrée. Les enfants sont encouragés à effectuer une activité de leur choix. Ainsi, on en force pas les enfants à tous faire la même activité en même temps. On reconnait qu’un enfant aura envie (et donc besoin) de tester une activité de mathématique par exemple, tandis qu’au même moment, un autre enfant aura besoin de refaire pour la centième fois une activité de versement. On encourage donc chaque enfant à entreprendre l’activité de son choix ; cependant, chaque activité est encadrée avec une méthode et une façon de procéder. L’activité une fois terminée, doit être rangée et remise exactement à sa place pour le respect de l’utilisateur suivant.

2. L’adulte ne vient jamais en aide à l’enfant

FAUX – Maria Montessori disait qu’il fallait apprendre à l’enfant à ‘faire seul’. Ainsi, on voit parfois dans certains établissements qui poussent la pédagogie Montessori à son extrême, des situations lors desquelles l’enfant arrive à ses limites et l’adulte (pourtant bienveillant) ne lui viendra pas forcément en aide. Par exemple un enfant trop petit qui ne parviendra pas à accrocher son manteau, se mettra à pleurer parce qu’il n’a pas encore les ressources nécessaires pour penser par lui-même à aller chercher un tabouret pour grimper dessus. Dans ces établissements, l’adulte encouragera l’enfant par la parole en lui disant qu’il est ‘capable de trouver une solution par lui-même’. Pour moi, ce n’est pas la façon dont Maria Montessori l’entendait. Dans ce cas précis, on sait aujourd’hui que le développement du cerveau de l’enfant ne lui permet pas forcément à certains âges d’avoir la maturité nécessaire pour penser à utiliser un objet. Selon moi, Maria Montessori aurait donc encouragé l’enfant à ‘faire seul’ en lui proposant d’aller chercher ensemble le tabouret, en lui présentant comment s’en servir et ensuite lui montrer comment le ranger à sa place.

3. C’est réservé à l’élite

VRAI ET FAUX – Aujourd’hui les garderies et écoles ‘Montessori’ sont plus chères que les autres, c’est vrai. Ceci est principalement dû au fait que le matériel à utiliser est encore dispendieux à se procurer. Le personnel formé Montessori reste encore rare au Québec et coûte donc plus cher du fait de leur rareté et du niveau de formation reçue. En revanche, pour ceux qui n’ont pas les moyens d’inscrire leurs enfants dans un établissement Montessori, il est encore possible d’appliquer cette pédagogie à la maison dans leur vie de tous les jours : en mettant en place des espaces types, en organisant des activités Montessori avec du matériel de récupération ou du quotidien et tout simplement en appliquant les grands principes de respect des rythmes et des intérêts de l’enfant.

Pour en savoir plus et pour piocher des idées d’activités, venez assister à nos différents ateliers sur la pédagogie Montessori

Audrey CHEMIN est biologiste généticienne spécialisée en périnatalité. Elle pratique l’accompagnement à la naissance et propose divers ateliers en lien avec la périnatalité et la parentalité. Dans une ambiance sans jugement et personnalisée, elle présente chez Douceurs & petits poids des ateliers d’éveil d’inspiration Montessori, sur le sommeil, le massage en famille et le portage.